Muriel Carrère Docteur en psychologie, Sophrologue certifiée et Hypnothérapeute

email : muriel.sophrologue1@gmail.com , téléphone : 06 38 61 86 04, adresse : 13 rue des Mûriers 75020 Paris

SOPHROLOGIE ET NOMOPHOBIE

Nomophobie

La nomophobie est un terme récent provenant de la contraction de no mobile (phone) phobia qui désigne la peur excessive d’être séparé de son téléphone mobile. La nomophobie est présentée dans un certain nombre d’articles comme le mal du 21e siècle ! En 2013, 42% des Français se considéraient dépendants de leur téléphone portable[1] même si la conclusion de l’étude, menée par l’IFOP[2], présentait une absence de dépendance réelle au téléphone portable[3]. Malgré tout, Frédéric Michau, directeur Etudes et Opinions de l’IFOP, laissait entrevoir une évolution concernant ces résultats : « Les résultats de cette étude démontrent qu’il n’y a pas d’addiction à proprement parler au mobile, mais que l’utilisation intensive de celui‐ci, notamment chez les personnes de moins de 35 ans, est en train de bouleverser la façon dont nous agissons et dont nous travaillons. L’étude menée avec l’IFOP apporte plusieurs enseignements : la génération des moins de 35 ans a complétement intégré le mobile dans toutes les sphères de sa vie, et l’ensemble des Français considère le travail nomade comme un phénomène bénéfique pour eux et pour leur entreprise. La montée en grade de la génération Y devrait emmener cette révolution mobile encore plus loin dans les années à venir. ». Trois ans plus tard qu’en est-il ?

Il suffit de regarder autour de soi dans les transports, dans la rue, au restaurant et même au cinéma pour voir quantité de personnes accrochées à leur téléphone. Les raisons sont toujours « valables » : professionnel, recherche d’une information, attente d’une nouvelle importante, etc. Finalement oublier ses clés en partant le matin semble moins angoissant qu’oublier son téléphone portable. Il est constaté à l’heure actuelle une augmentation des addictions aux nouvelles technologies, on parle de cyberdépendance. Ces addictions ne sont pas considérées comme des pathologies car ce sont des addictions comportementales sans drogue[4], cependant la dépendance est belle et bien présente. Pour Michel Stora, l’attachement à son portable peut devenir une réelle drogue : « On parle d’addiction quand il y a une rupture des liens sociaux réels. C’est-à-dire quand quelqu’un fuit la réalité. C’est le cas lorsque l’on passe plus de temps à communiquer avec des inconnus sur Internet qu’avec sa femme, ses enfants, ses amis. Le téléphone devient une prothèse affective. J’appelle ça un doudou sans fil. La mission du doudou, c’est de pallier le manque quand l’enfant est séparé de ses parents et calmer l’angoisse. Avec le téléphone, c’est pareil. »

Les manifestations au niveau corporel en cas de manque sont les mêmes que celle repérées dans les autres types d’addictions : crise de panique avec l’apparition d’une sensation d’étouffer, de ne plus pouvoir respirer, d’être en sueurs et d’avoir une accélération de sa fréquence cardiaque.

Si vous angoissez à l’idée que votre batterie soit totalement déchargée, si être dans une zone de non réception vous donne des sueurs froides, si oublier votre téléphone vous effraie alors vous êtes peut-être nomophobe. Des chercheurs de l’université de l’Iowa ont élaboré un questionnaire pour évaluer le degré de nomophobie (le «Nomophobia Questionnaire»). L’étude a été menée en deux phases. La première a consisté en l’exploration qualitative de la nomophobie à travers des entrevues avec neuf étudiants. C’est à la suite de cette étape que quatre dimensions ont été définies : l’incapacité à communiquer, la perte de connectivité, l’impossibilité d’accéder à de l’information et l’abandon du confort. À partir de ces réponses, le questionnaire en vingt points a été élaboré (seconde phase de l’étude). Il s’agit d’évaluer à partir des affirmations proposées son degré d’identification. Cette évaluation se fait grâce à une échelle en 7 points (1 signifiant que vous ne vous reconnaissez pas du tout dans l’affirmation et 7 que vous vous y reconnaissez totalement)[5]. Selon le score obtenu, votre degré de dépendance au téléphone peut aller de léger à sévère.

Quand consulter et pourquoi ? A partir du moment où vous sentez que cette dépendance a des conséquences sur votre vie personnelle ou sur votre vie professionnelle alors vous pouvez vous faire aider. Une phobie ne se disparaît jamais d’elle-même et a tendance à prendre de l’ampleur. Il existe à Lyon, le Centre de traitement du stress et de l’anxiété avec une unité spécialisée dans le traitement de la dépendance au téléphone portable. Le traitement est basé sur des exercices comportementaux destinés à faire se détacher progressivement la personne de son téléphone portable. Si vous n’habitez pas Lyon, vous pouvez consulter un psychologue, certains se sont spécialisés dans les nouvelles technologies.

Parallèlement à cette prise en charge médicale, la sophrologie est une aide précieuse pour traiter la nomophobie. L’accompagnement que je vous propose va permettre, dans un premier temps, de gérer les manifestations liées cette phobie en imaginant la situation qui vous angoisse le plus. Puis, dans un second temps, le travail va porter sur la maîtrise de cette phobie avec une pérennisation des résultats obtenus dans la première phase. N’hésitez pas à vous renseigner.

[1] Etude IFOP téléphone portable

[2] Institut Français d’Opinion Publique

[3] Annexe étude IFOP téléphone portable

[4] Entretien avec Michel Stora, psychologue spécialiste du numérique, fondateur de l’Observatoire des mondes numériques.

[5] Questionnaire Nomophobie de l’Université de l’Iowa

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